Comment progresser en West Coast Swing en dehors des cours ?
Dernière mise à jour : 2 sept.
On apprend beaucoup de choses pendant un cours de West Coast Swing : une nouvelle passe, une posture à modifier, une façon différente de se déplacer, un détail de guidage… Sur le moment, on comprend. Puis vient la soirée, la musique démarre et les anciennes habitudes reviennent vite.
Alors, comment faire pour que ce que l’on apprend finisse réellement par entrer dans notre danse ? Comment progresser en West Coast Swing au-delà des cours hebdomadaires ?
La première réponse est évidente : pratiquer. Mais une fois que l’on danse régulièrement, une autre question se pose : comment utiliser ce temps de pratique pour réellement faire évoluer sa danse ?
Il existe bien sûr de nombreuses façons de progresser. Celle que je vous propose n’est ni une recette universelle ni une méthode meilleure qu’une autre. C’est simplement une façon de travailler que j’apprécie. À chacun de l’essayer, de l’adapter… ou d’en préférer une autre.
Dans cet article
Avant toute chose : pratiquer
Lorsqu’on débute, c’est probablement le premier conseil à retenir. Les cours permettent d’apprendre et de comprendre les bases du west coast swing, mais il faut ensuite danser pour les mettre en pratique.
Soirées West Coast Swing, pratiques entre danseurs… toutes les occasions sont bonnes. Attendre d’avoir « le niveau suffisant » pour aller en soirée serait même plutôt contre-productif : comment progresser sans pratiquer ? Danser avec des partenaires différents fait pleinement partie de l’apprentissage.
Pratiquer est donc la première étape. La suite de cet article s’intéresse surtout à la façon d’utiliser ce temps de pratique pour progresser.
Pour progresser, il ne faut pas vouloir tout travailler en même temps
Posture, connexion, rythme, ancrage, guidage, attente, déroulé du pied, musicalité… La liste de ce que l’on peut travailler en West Coast Swing est presque infinie.
Mais notre attention, elle, ne l’est pas. À vouloir penser à tout en même temps, on finit souvent par ne travailler réellement sur rien.
Le principe est donc de choisir un point et de lui consacrer vraiment son attention. On essaie, on ajuste, on recommence. Et surtout, on accepte que le reste ne soit pas parfait pendant ce temps-là. Si je travaille ma connexion et les sensations qu’elle me donne, ce n’est pas le moment de me demander si mes bras sont jolis ou si mon déroulé de pied est impeccable.
Une fois que l’on a compris et ressenti le mécanisme que l’on cherche à mettre en place, on peut progressivement y réintégrer tout le reste : le déroulé du pied, la posture, l’esthétique… tous ce que l’on avait simplement laissé un peu de côté pendant le travail.
Avec la répétition, l’ensemble devient plus naturel et demande moins d’attention. On peut alors se concentrer sur autre chose.
Une chose après l’autre : c’est le cœur de cette façon de travailler.
En soirée West Coast Swing, faire de certaines danses un terrain d’expérimentation
La soirée est particulièrement intéressante pour ce travail : on change de partenaire, de connexion, de façon de bouger, de musique… C’est l’occasion de voir comment un même point de travail évolue dans des situations très différentes.
On peut donc décider de consacrer certaines danses à un objectif précis, et d’autres simplement au plaisir de danser. Quelqu’un qui sort plusieurs fois par semaine n’aura d’ailleurs pas le même besoin que celui qui ne danse en soirée qu’une fois par mois. À chacun de trouver son dosage : quelques danses de travail ou beaucoup plus, selon ses envies et ses objectifs.
Et lorsque la fatigue arrive, inutile de s’acharner : ce n’est généralement plus le meilleur moment pour travailler avec précision.
Et si j’ai plusieurs choses à travailler ?
C’est souvent le cas ! Et certaines évolutions prennent des semaines, voire des mois. Pas question pour autant de rester focalisé tout ce temps sur un seul sujet.
On peut très bien avoir plusieurs notions en cours de travail, mais les travailler séparément.
Par exemple, un(e) follower qui cherche à moins anticiper peut consacrer certaines danses à l’attente : même si l’on connaît la structure de la passe et que l’on sait que l’on va devoir avancer sur son 1, l’objectif est d’attendre réellement l’information avant de partir.
Côté leader, le travail pourra porter sur un premier pas en arrière précis, avec un déplacement du corps qui donne clairement l’information au follower. À un autre moment, on pourra se concentrer sur le déroulé du pied dans les triples, sur son cadre ou sur sa posture.
On peut aussi choisir parmi ces différents chantiers en fonction de la situation. Une musique très rapide ? Ce peut être l’occasion de travailler un cadre plus court. Un partenaire qui envoie beaucoup d’énergie ? Ce peut être l’occasion de porter davantage son attention sur sa stabilité et son calme. Envie de travailler l’esthétique de ses bras ? On peut y consacrer quelques danses avant de revenir à autre chose.
Plusieurs chantiers peuvent donc avancer en parallèle, mais pas en même temps. Un objectif à la fois, mais pas forcément le même toute la soirée.
Quand travailler donne l’impression de ne plus savoir danser
C’est l’un des côtés déroutants du travail : en voulant améliorer une chose, on peut momentanément avoir l’impression d’en avoir perdu trois autres.
Je décide par exemple de travailler mon déroulé de pied. Je veux tellement sentir ce qui se passe sous mes pieds que, sans m’en rendre compte, je finis par regarder le sol. Ma posture change, mon équilibre aussi. Je voulais améliorer mes pieds et j’ai soudain l’impression d’avoir perdu le reste.
Le travail rythmique peut être encore plus déstabilisant. En cherchant de nouveaux repères, une danse jusque-là naturelle devient hésitante et on a presque l’impression de marcher sur des œufs.
Cette phase de travail peut même parfois se sentir de l’extérieur. En soirée, lorsque l’on danse régulièrement avec les mêmes personnes, on remarque parfois que la danse est moins fluide, moins spontanée : « Tiens, il ou elle doit être en train de travailler quelque chose. »
Et si quelqu’un vous fait remarquer que vous dansez différemment ce soir-là, ne laissez pas cette remarque vous détourner de votre objectif. Un simple « Oui, je travaille quelque chose en ce moment » peut suffire. Pas besoin d’entrer dans les détails ni de vous justifier.
Ajouter ou modifier une technique vient momentanément perturber un ensemble qui avait trouvé son équilibre. Il faut lui laisser le temps de prendre sa place. Avec le temps, ce qui semblait encore en construction devient plus naturel. On cesse d’y penser autant, les autres éléments reprennent leur place et la danse retrouve sa fluidité.
C’est finalement tout le but : non pas réussir à penser à toujours plus de choses en dansant, mais avoir de moins en moins besoin d’y penser.
Pas besoin d’être sur une piste pour travailler
Certaines choses se travaillent très bien ailleurs.
La posture ? Devant un miroir, ou même en se brossant les dents. Les pas ou le déroulé de pied ? Quelques mètres carrés à la maison peuvent suffire.
Pour le rythme et l’écoute musicale, on peut profiter d’un trajet en voiture ou de la musique que l’on écoute en cuisinant pour chercher le rythme, reconnaître les phrases musicales ou repérer certains accents.
Une passe qui nécessite une vraie connexion à deux demandera évidemment un partenaire et suffisamment d’espace : difficile de travailler correctement entre la table et le réfrigérateur !
Il ne s’agit pas de transformer chaque moment libre en entraînement, simplement de profiter des occasions qui se présentent quand on en a envie.
Et si une notion ne veut vraiment pas rentrer ?
Peut-être que c’est simplement trop tôt. Il nous manque encore certains acquis, ou il faudrait travailler autre chose avant de pouvoir vraiment intégrer cette notion. Rien n’empêche d’y revenir plus tard : elle paraîtra parfois beaucoup plus évidente.
Et puis il arrive qu’on ait simplement besoin d’entendre la même chose autrement. Une phrase entendue depuis des mois peut soudain faire déclic parce qu’un autre enseignant — ou même un danseur au détour d’une discussion — utilise une image ou des mots qui nous parlent davantage.
Cela ne veut pas dire que cette personne explique mieux. Peut-être que son approche nous correspond davantage, ou que nous étions simplement prêts à l’entendre à ce moment-là. C’est aussi pour cela qu’il peut être intéressant de travailler ponctuellement avec différents enseignants ou, lorsqu’on bloque vraiment sur un point précis, de prendre un cours particulier.
Nous n’avons pas tous le même corps ni la même proprioception. Certaines images ou façons d’expliquer nous parlent immédiatement, quand d’autres ne nous évoquent absolument rien. Et ce ne seront pas les mêmes pour notre voisin.
Plus de passes ne veut pas forcément dire mieux danser
Apprendre de nouvelles passes enrichit son répertoire. Mais accumuler les passes et les enchaînements ne remplace pas le travail technique.
Comme nous le disons souvent à nos élèves : en soirée, dès le premier Push (ou Sugar Push), leader comme follow ont déjà beaucoup d’informations sur la façon de danser de leur partenaire. Derrière son apparente simplicité, c’est un basique très technique.
Et un Push simple, propre, avec une belle sensation à deux sera souvent bien plus agréable qu’un Télémark complexe dans lequel la technique n’est pas encore suffisamment maîtrisée.
La passe enrichit le répertoire. La technique fait progresser la danse.
En stage, chercher la technique derrière la passe
Une passe ou un enchaînement de passes enseigné en workshop sert souvent de support à un travail technique : connexion, déplacement, gestion de l’énergie, timing, posture…
Bien sûr, il est utile de retenir la passe. Mais il est tout aussi intéressant de se demander : « Qu’est-ce que l’on vient de me faire travailler à travers elle ? »
Filmer la démonstration de fin de cours, lorsque l’enseignant l’autorise, permet d’y revenir plus tard, pour retrouver l’enchaînement mais surtout le travail abordé.
Les stages peuvent apporter énormément de matière. Les multiplier sans prendre le temps de revenir sur ce que l’on y a appris conviendra peut-être très bien à certains danseurs. Pour ma part, je préfère laisser aux points qui m’intéressent le temps d’être testés, travaillés et intégrés - pour ne pas dire digérés.
À chacun de trouver sa façon de progresser
Choisir un élément à travailler, s’y consacrer vraiment, répéter jusqu’à ce qu’il devienne plus naturel… puis passer au suivant.
C’est une méthode, pas la méthode.
L’important est de trouver une manière de travailler qui nous aide réellement à progresser, sans que l’envie de progresser finisse par prendre toute la place.
Parce qu’au milieu de tout ce que l’on cherche à améliorer, il reste aussi des danses où il n’y a absolument rien à travailler.
Juste quelqu’un en face, une musique… et le plaisir de danser.
Et vous, comment travaillez-vous pour progresser en dehors des cours ? Si vous avez une méthode qui fonctionne bien pour vous, partagez-la avec nous : elle pourra peut-être inspirer d’autres danseurs.
Carine — Flowing Dance



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